Devise (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XII e siècle, au sens de « division, séparation » ; comme terme d'héraldique, a d'abord désigné une bande de l'écu ; le sens moderne date du XVII e siècle. Déverbal de deviser .
1. Formule inscrite sur le listel ou, s'il s'agit d'un ordre de chevalerie, sur le collier qui accompagne l'écu dans les armoiries. La qui figure sur les armes du Royaume-Uni est « Dieu et mon droit ». La d'une ville, d'une corporation. Par ext. Figure emblématique accompagnée d'une courte phrase qui l'explique. La de François I er était une salamandre au milieu des flammes, celle de Louis XIV un soleil éclairant le monde. Le corps de la , la figure. L'âme de la , la sentence qui accompagne cette figure. Par méton. Cette sentence elle-même. Choisir une . Graver une .
2. Formule concise affirmant les idéaux et les symboles choisis par un groupe, un gouvernement, un État, etc. Une patriotique, républicaine. « Tous pour un et un pour tous » était la des trois mousquetaires. La de la République française est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
3. Sentence qui exprime brièvement les manières de penser, de sentir, d'agir propres à quelqu'un, sa règle de conduite. Plutôt souffrir que mourir, telle est, selon La Fontaine, la des hommes. Diversité, c'est ma . J'ai pris cette pensée, ces paroles pour .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Figure accompagnée d'une phrase exprimant d'une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment. "Devise ingénieuse. Graver une . Choisir une ."
Il se dit aussi, en termes de Blason, de la Sentence qui accompagne les armoiries. "Tous les chevaliers du carrousel portaient chacun une . Il a pris telle . La de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde, avec ces mots :" NEC PLURIBUS IMPAR.
"Le corps de la ," La figure de la . "L'âme de la ," Les paroles de la .
Il se dit, par extension, d'Un ou de plusieurs mots formant une espèce de sentence qui exprime en quelques mots les manières de penser, de sentir, d'agir de quelqu'un : "Plutôt mourir que faillir. Diversité, c'est ma ."
Il se dit spécialement, en termes de Banque, des Billets de banque de tel ou tel État. "Acheter des s étrangères."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme de blason. Division de quelque pièce honorable de l'écu. Ainsi une fasce qui n'a que le tiers de sa largeur commune est une fasce en .
    Division etant le sens propre de ce mot, comme de diviser on passe à l'idée de tracer, dessiner, on arrive au sens qui suit.

 2   Figure emblématique avec quelque sentence concise qui l'explique.
SÉV.: « J'ai vu une qui me conviendrait assez ; c'est un arbre sec et comme mort, et autour ces paroles : Fin che sol ritorni (jusqu'à ce que le soleil revienne) »
VOLT.: « Voilà leurs boucliers, leurs lances, leurs s »
    Le corps de la , la figure.
    L'âme de la , la sentence.
    Les s des armoiries se mettent dans des listons autour de l'écu, ou en cimier, et quelquefois aux côtés ou au-dessous. Les s des ordres se mettent sur les colliers.

 3   Petite phrase, ou sentence qui n'est quelquefois composée que d'un mot, pour signifier quelque qualité qu'on attribue aux choses ou aux personnes.
LA FONT.: « Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes ; Plutôt souffrir que mourir, C'est la des hommes »
LA FONT.: « Diversité c'est ma »
SÉV.: « Fais ce que voudras est la d'ici »
VOLT.: « Il prit pour sa : malheur est bon à quelque chose »
CH. DE BERNARD: « Hier encore ne disiez-vous pas : vivre obscur et près d'elle ? - Aujourd'hui la me semble trop champêtre »
    Devise républicaine, de la première république qui était : liberté, fraternité, ou la mort. Liberté, ordre public, était la du gouvernement de Louis-Philippe.
    Devise de bonbons, petit papier contenant un dicton en vers ou en prose et dont on enveloppe les bonbons. Les bonbons mêmes qui sont en veloppés dans la .

 4   En sculpture, la est un ornement en bas-relief, qui est composé de figures et de paroles

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guill. 5: Si'n face la justice [qu'il en fasse la justice] à la primere [façon]
     Sax. XXIII: Sire, ce dist Girarz, or oez [oyez] ma [discours]....
     Th. le mart. 79: En dous [deux] ordres de gent est faite saint iglise ; Del pueple e del clergié, ele est faite e asise, E par dreit aünie [réunie] est en ceste divise
    XIIIème siècle
AUB. DE SEZANNE: « Se ele est d'amour esprise, Malement lui est membré [souvenu] Comment j'ai à sa Sans nul contredit esté »
VILLEH.: « Lors parlerent li evesques et li clergiés au peuple, et leur monstrerent qu'il fussent confès et feïst chascuns d'aus [eux] sa »
VILLEH.: « Li quens Joffrois del Perche s'acoucha de maladie, et fist sa [testament] en tel maniere que il commanda.... »
VILLEH.: « La maladie li enforsa si durement qu'il fist sa [partage] et departi ce qu'il devoit porter outre mer à ses homes »
     Berte, VI: Blanche [elle] fu et vermeille et plaisans à
     ib. XXXI: Afublé un mantel, grant en fut la [l'ornement]
     Ren. 5295: Maintenant li vilain se lieve, Si a fait tout à sa
     la Rose, 1927: Tant ai oï de vous bien dire, Que metre veil tout à Cuer et cors en vostre servise
     ib. 1152: S'ainsinc fust qu'aucuns la haist, Si cuit-ge [je pense] que de ceus feïst Ses amis par son biau servise ; Et por ce ot-ele à L'amor des povres et des riches
     Liv. de just. 149: Bonnes [bornes] si sont unes choses, qui sont fichées en la d'une chose, comme pierres ou pex [pieux], et fet chascun certain par où son heritage vet
BEAUMANOIR: « Li baillis ne pot fere bonnage [bornage] ne de l'iretage son segneur vers autrui »
BEAUMANOIR: « J'entent de bonnes [bornes] qui ont fet s de lonc tans »
    XVème siècle
FROISS.: « Si fit on la pourvoir et appareiller de tout ce qu'il falloit, si honorablement comme à telle damoiselle, qui devoit estre roine d'Angleterre, afferoit »
FROISS.: « Toutes les paroles et les s et le convenant du messager, comment il avoit esté pris devant Auberoche, et l'estat de la lettre, et la necessité de ceux de dedans furent sçues et rapportées à Bordeaux »
FROISS.: « Ha ! dit Philippe, vous me comptez trop de s ; ce sera trop tard ; allez, allez à nostre logis »
COMM.: « Après ces s [propos] je pris congé dudit duc de Milan »
    XVIème siècle
RAB.: « La tierce nauf pour divise [devise] avoyt ung beau et profond hanap de pourcelaine »
AMYOT: « Ce de quoy plus il s'esmerveilla, fut la multitude des lumieres et flambeaux suspendus en l'air et esclairans de tous costez, si ingenieusement ordonnez et disposez à s les uns en rond, les autres en quarré, que.... »
AMYOT: « Les s [propos] de Pythagoras, et les enseignemens de Platon, ou les preceptes de Chilon »
CARL.: « De battre et forger de la monnoie au coing de leurs armes, avec divises faictes à plaisir »
M. DU BELL.: « ....Que ses messagers ont esté blessez par gens vestus à ma »

ÉTYMOLOGIE
    Voy. DEVIS ; Berry, , subterfuge, discours ; wallon, divize, propos ; provenç. devisa ; espagn. et ital. divisa.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    DEVISE. - ÉTYM. Ajoutez : ' L'origine du mot est trop curieuse pour n'être pas indiquée. Le sens de ce mot est purement héraldique : une fasce divisée, c'est-à-dire réduite à la moitié de sa largeur (une fasce en ). Comme c'est sur une fasce de ce genre que se place la légende qui se joint quelquefois à une armoirie, le nom de a passé à la légende elle-même. Et les bandes de papier sur lesquelles sont imprimées les s des confiseurs, ont encore exactement la forme de fasces divisées, ' BERTHOUD, Journ. de Genève, 3 déc. 1874.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Figure accompagnée de paroles, exprimant d'une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment. "Une des différences de la et de l'emblème, c'est que dans la on n'admet guère la forme humaine. Les paroles d'une doivent convenir, dans le sens propre, à l'objet représenté, et dans le sens figuré, à ce qu'on veut exprimer. Belle . Devise ingénieuse. Faire une . Graver une . Choisir une . Tous les chevaliers du carrousel portaient chacun une . Il a pris telle . La de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde, avec ces mots," NEC PLURIBUS IMPAR.
"Le corps de la ," La figure de la . "L'âme de la ," Les paroles de la .



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, d'Un ou de plusieurs mots formant une espèce de sentence qui indique les goûts, les qualités, la profession, la résolution, etc., de quelqu'un, soit qu'il les ait adoptés ou qu'on les lui applique: "Paix et peu. Plutôt mourir que changer. Chacun à son tour; etc. -- Diversité, c'est ma ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Figure accompagnée de paroles, exprimant d'une manière allégorique et courte, quelque penée, quelque sentiment. On appelle La figure représentee dans une , "Le corps de la ;" et on appelle Les paroles, "L'âme de la ".
Une des différences de la et de l'emblème, c'est que dans la on n'admet guère les corps humains.
Toute , pour être juste, doit faire une comparaison; et les paroles de la doivent convenir dans le propre au corps qui y est représenté, et dans le figuré à ce qu'on veut exprimer. "Belle . Devise ingénieuse. Faire une . Graver une . Choisir une . Tous les Chevaliers du Carrousel portoient chacun une ". "Il a pris telle . La de Louis XIV étoit un Soleil qui éclaire un monde, avec ces mots,"
On se sert aussi du mot de "Devise," pour signifier quelque chose de conforme à l'humeur, à la profession, ou à la résolution qu'on a prise; comme: "Paix et peu. Plutôt mourir que changer. Chacun à son tour, etc."



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Figure accompagnée de paroles, exprimant d'une manière allégorique & courte, quelque pensée, quelque sentiment.
On appelle La figure représentée dans la , "Le corps de la ;" & on appelle les paroles, "L'ame de la ."
Une des différences de la & de l'emblême, c'est que dans la on n'admet guère les corps humains.
Toute , pour être juste, doit faire une comparaison; & les paroles de la doivent convenir dans le propre au corps qui y est représenté, & dans le figuré à ce qu'on veut exprimer. "Belle . Devise ingénieuse. Faire une . Graver une . Choisir une . Tous les Chevaliers du Carrousel portoient chacun une . Il a pris telle . La de Louis XIV. étoit un Soleil qui éclaire un monde avec ces mots," NEC PLURIBUS IMPAR.
On se sert aussi du mot de "Devise," pour signifier quelque chose de conforme à l'humeur, à la profession, ou à la résolution qu'on a prise. Comme "Paix & peu. Plutôt mourir que changer. Chacun à son tour, &c."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Devîze", 1re et dre "e" muet, 2e lon.] 1°. Figûre acompagnée de paroles, exprimant d'une manière allégorique et courte quelque pensée, quelque sentiment. "Acad." Représentation de quelque corps, jointe à quelque mot, qui s'aplique, dans un sens figuré, "à l'avantage de" quelqu'un. "Trév." Ces derniers mots sont de trop; car il y a des s satiriques.
- Suivant le "Rich. Port.", c'est un composé de figûres et de paroles. La figure représentée se nomme "le corps" de la "devise": les paroles en sont l'"âme".
- La définition de l'"Acad." est sans contredit la meilleûre.
- 2°. "Devise", se dit quelquefois des paroles sans figûres, que quelqu'un choisit pour se distinguer. "Ou tout", "ou rien"; "ou César", "ou rien". Ces derniers mots étaient "la " de "César", "Duc de Valentinois", fils d'Alexandre VI.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Figure accompagnée de paroles servant à exprimer, l'estat, les sentimens, les desseins d'une personne ou les proprietez d'une chose.
On appelle. La figure representée dans la , "Le corps de la "; Et on appelle les paroles, "L'ame de la ".
Une des differences de la & de l'embleme, c'est que dans la on n'admet point les corps humains.
Toute pour estre juste doit faire une comparaison; & les paroles de la doivent convenir dans le propre au corps qui y est representé, & dans le figuré à ce qu'on veut exprimer. "Belle . ingenieuse. faire une . graver une devise. choisir une . tous les Chevaliers du Carrousel portoient chacun une . il a pris telle chose pour . la du Roy est un soleil avec ces mots:" .
"Devise," a aussi une signification plus estenduë, & veut dire un mot dont on se sert pour signifier quelque chose qui est conforme ou à nostre humeur, ou à nostre profession, ou à une resolution que nous avons prise &c. comme, "Paix & peu. plutost mourir que changer. chacun à son tour, &c".
sous .




Emplacement dans le dictionnaire :

devin
devinable
deviné
deviner
devinette
devis
dévisagé
devisager
dévisager

devisée
deviser
dévisser
dévoilé
dévoiler
devoiler
devoir
dévoirant ou dévorant
dévoler
devolu
dévolu




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...science populaire ne saurait être la vraie science. On lisait sur le fronton de telle école antique : que nul n'entre ici s'il ne sait la géométrie. L'école philosophique des modernes porterait pour devise : que nul n'entre ici s'il ne sait l'esprit humain, l'histoire, les littératures, etc. La science perd toute sa dignité quand elle s'abaisse à ces cadres enfantins et à ce langage qui n'est pas le...


Citation n°2 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...toujours, individuellement, pour flatter sa vilenie, mais à une condition ! C'est que je lui laisse croire que c'est à son voisin que je parle. Qu'importe le style en cette affaire ? La seule devise qu'un homme de lettres sérieux doive adopter de nos jours est celle-ci : sois médiocre ! C'est celle que j'ai choisie. De là, ma notoriété. - ah ! C'est qu'en fait de bourgeoisie française, nous ne...


Citation n°3 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...les ancêtres : ils seront vaccinés contre ce désespoir. Une ère nouvelle va s'inaugurer, positivement, à cet égard. Les obsèques se feront sans trouble, et, pour ainsi dire, à la diable. Notre devise doit être en toute circonstance (ne l'oublions jamais ! ) celle-ci : - du calme ! - du calme. - du calme. Ainsi, les intérêts, négligés pendant les premiers jours, l'effarement et le désarroi du...


Citation n°4 de Jean JAURÈS (Études socialistes)

...antibourgeoise, nous pouvons détruire les conditions essentielles de la production bourgeoise : mais il nous est impossible d'abattre la petite bourgeoisie. Obtenir autant que possible, voilà ma devise. Nous devons empêcher aussi longtemps que possible après la première victoire toute organisation des petits bourgeois, et notamment nous opposer en phalange serrée à toute assemblée constituante. Le...


Citation n°5 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...devient lâche et honteux. Il faut l'unité de commandement, et l'individualisme politique se constate, l'histoire à la main, comme une nécessité. Oh ! La république s'est jugée par les mots de sa devise qui renferment trois propositions contre nature : la liberté, c'est la négation du devoir ; l'égalité, c'est la négation de la justice ; la fraternité, c'est la négation de l'égoïsme, et l'état n'a...


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